Nigeria : le gaz naturel comprimé séduit, mais les stations manquent
À Abuja, les automobilistes équipés pour rouler au gaz naturel comprimé (CNG) attendent des heures à la pompe. Le nombre de véhicules convertis dépasse largement les capacités de ravitaillement : environ 70 stations actives pour des dizaines de milliers de voitures à travers le pays.

La transition vers le gaz naturel comprimé prend de l'ampleur au Nigeria, mais elle bute sur une infrastructure insuffisante. Dans la capitale Abuja, les conducteurs équipés passent parfois plusieurs heures dans les files d'attente des stations de ravitaillement. Selon les vérifications de Daily Trust, seules 70 stations actives desservent des dizaines de milliers de véhicules convertis à l'échelle nationale. Un déséquilibre qui reflète l'engouement pour ce carburant moins cher que l'essence, mais qui révèle aussi les défis d'un déploiement encore balbutiant.
Le gouvernement mise pourtant sur le CNG pour réduire la facture d'importation de carburant et tirer parti des réserves de gaz du pays. Les conversions de voitures se multiplient, encouragées par des incitations fiscales et des programmes de financement. Mais les opérateurs privés hésitent à investir dans de nouvelles stations, freinés par les coûts d'installation et les incertitudes réglementaires. Résultat : les points de ravitaillement se concentrent dans les grandes villes, laissant les axes routiers secondaires à l'écart.
Cette situation pèse directement sur le portefeuille des automobilistes, qui doivent souvent choisir entre l'attente et le retour à l'essence, plus coûteuse. Pour les transporteurs et les chauffeurs de taxi, chaque heure perdue à la pompe représente une perte de revenus. Dans ce contexte, certains se tournent vers des solutions alternatives pour optimiser leurs dépenses, notamment en comparant les coûts de carburant et les taux de change lorsqu'ils opèrent avec des partenaires étrangers.
L'écart entre l'offre et la demande de CNG devrait se réduire à mesure que de nouvelles stations sortent de terre, mais le rythme reste incertain. Les investisseurs attendent des signaux clairs sur la politique énergétique du gouvernement, tandis que les usagers, eux, subissent au quotidien les effets d'une transition qui n'a pas encore trouvé son équilibre. La question n'est plus de savoir si le CNG s'imposera, mais quand l'infrastructure suivra.
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