Égypte : les fintechs s'attaquent aux failles du système bancaire
Rimmit et Menthum misent sur les paiements transfrontaliers et l'épargne pour servir des millions d'Égyptiens exclus des circuits financiers classiques.

En Égypte, des millions de personnes travaillent, consomment et épargnent en dehors des radars bancaires. Le pays compte plus de 100 millions d'habitants, mais une grande partie reste privée de services financiers de base. Les transferts d'argent entre proches, les paiements de factures ou la simple constitution d'une épargne passent souvent par des circuits informels, coûteux et risqués. C'est ce vide que des entreprises comme Rimmit et Menthum entendent combler. Plutôt que de réinventer la banque, elles se glissent dans les interstices laissés par les établissements traditionnels, là où les besoins sont les plus criants.
Rimmit s'est spécialisée dans les paiements transfrontaliers. La diaspora égyptienne, estimée à plusieurs millions de personnes, envoie chaque année des milliards de dollars au pays. Les canaux classiques prélèvent des commissions élevées et prennent des jours à créditer les bénéficiaires. En s'appuyant sur des infrastructures numériques légères, Rimmit promet des transferts plus rapides et moins chers. Pour les familles qui dépendent de ces flux, chaque point de commission économisé compte. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
Menthum, de son côté, s'attaque à une autre faille : l'épargne. Dans un pays où l'inflation ronge le pouvoir d'achat, mettre de l'argent de côté relève du casse-tête. Les produits d'épargne classiques sont peu accessibles et souvent mal rémunérés. Menthum propose des solutions digitales pour aider les particuliers à constituer un capital, même avec de petits montants. L'idée n'est pas nouvelle, mais le contexte égyptien lui donne une urgence particulière. La livre égyptienne a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar en deux ans, poussant les ménages à chercher des refuges.
Ces deux fintechs ne résoudront pas à elles seules les déséquilibres structurels de l'économie égyptienne. Mais elles montrent qu'une partie de la réponse passe par des outils légers, adaptés aux réalités locales. Leur succès dépendra de leur capacité à tenir leurs promesses de coûts et de rapidité, et à convaincre une population méfiante après des années de promesses non tenues. Si elles y parviennent, elles auront ouvert une brèche dans un système qui a longtemps laissé des millions de personnes sur le bord de la route.
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