Égypte : après les mégaprojets, l'heure du capital privé
Le Caire veut transformer les infrastructures bâties depuis dix ans en socle pour l'investissement privé et l'industrie. Un virage délicat, entre dette, inflation et attractivité.

L'Égypte change de logiciel. Pendant dix ans, l'État a construit à tour de bras : nouvelle capitale administrative, réseau routier, centrales électriques, zones industrielles. La facture a été lourde, financée en grande partie par la dette. Aujourd'hui, Le Caire veut rentabiliser ces investissements. Objectif affiché : faire de ces infrastructures une plateforme pour le secteur privé, pas un monument à la gloire de l'État. Le discours est nouveau. Les moyens, eux, restent à préciser.
Le contexte n'aide pas. La livre égyptienne a perdu plus de la moitié de sa valeur face au dollar depuis 2022. L'inflation a dépassé 30 % en 2023 avant de refluer lentement. Les investisseurs étrangers restent prudents, refroidis par les contrôles sur les changes et les arriérés de paiement. Le FMI, qui a accordé un programme de 8 milliards de dollars en 2024, pousse justement pour que l'État se retire de pans entiers de l'économie et laisse le privé opérer. Des cessions d'actifs publics sont en cours, notamment dans les télécoms, la banque et l'énergie.
Pour la diaspora égyptienne, estimée à près de 10 millions de personnes, cette transition a un goût concret. Les transferts d'argent vers Le Caire ont atteint 22 milliards de dollars sur l'exercice 2023-2024, selon la banque centrale. Chaque variation de la livre change la valeur de ces envois. Les plateformes de transfert ajustent leurs taux en temps réel, et les familles arbitrent entre envoyer maintenant ou attendre. Un jeu de patience qui pèse sur la consommation intérieure.
Le vrai test sera industriel. L'Égypte veut s'intégrer aux chaînes de valeur mondiales, notamment dans le textile, l'automobile et les composants électroniques. Elle dispose d'atouts : énergie abondante, main-d'œuvre jeune, position entre l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient. Mais sans stabilité monétaire ni règles claires, les capitaux privés resteront sur la rive. Le pays a bâti les murs. Il lui reste à ouvrir les portes.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Finance embarquée : 617 milliards de dollars de revenus mondiaux attendus d'ici 2031
Juniper Research prévoit que les revenus mondiaux de la finance embarquée atteindront 617 milliards de dollars en 2031, contre 162,6 milliards en 2026, soit une hausse de 279 % en cinq ans.

NICE lance des cliniques d'innovation dans six clusters nigérians
Le Nigeria Innovation Cluster Exchange ouvre les candidatures pour ses Pipeline Clinics, un programme sectoriel destiné à aider les entreprises et entrepreneurs nigérians à renforcer leurs opérations et à viser une croissance durable.

Afrique : après l'adoption massive du mobile money, l'heure est à la création de valeur
Le continent a réussi le pari de l'adoption technologique, portée par le mobile money. Le défi consiste désormais à transformer ces usages en valeur économique réelle et mesurable.