Edo négocie avec des investisseurs chinois pour relancer son usine pharmaceutique
Le gouvernement de l'État d'Edo discute avec des investisseurs chinois pour relancer une entreprise pharmaceutique publique à l'arrêt, un projet qui doit réduire la dépendance du Nigeria aux médicaments importés.

L'État d'Edo a ouvert des discussions avec des investisseurs chinois pour remettre en marche une entreprise pharmaceutique publique laissée à l'abandon. Le gouverneur adjoint de l'État a confirmé les pourparlers cette semaine, sans donner de montant ni de calendrier. L'usine concernée produisait autrefois des médicaments essentiels pour les hôpitaux de la région avant de cesser ses activités. Benin City, la capitale de l'État, veut aujourd'hui transformer ce site en pôle de production locale, capable d'approvisionner les structures de santé du sud du Nigeria.
Le Nigeria importe encore la majorité de ses médicaments, une dépendance qui pèse lourdement sur les coûts et sur la disponibilité des traitements. La production locale reste faible, malgré une demande massive dans un pays de plus de 220 millions d'habitants. Relancer une usine comme celle d'Edo permettrait de réduire les délais d'approvisionnement et de créer des emplois qualifiés dans une région où le chômage des jeunes reste élevé. Plusieurs États nigérians tentent la même approche, en s'appuyant sur des partenariats avec des fabricants indiens ou chinois.
Les investisseurs chinois ne sont pas nouveaux dans le secteur pharmaceutique africain. Ils ont déjà pris des participations dans des unités de production au Kenya, en Éthiopie et en Égypte, souvent avec des contrats de fourniture liés à des programmes de santé publique. Pour Edo, l'enjeu est double : attirer des capitaux et obtenir un transfert de technologie qui tienne dans la durée. Les autorités locales évoquent aussi la possibilité d'exonérations fiscales pour les partenaires étrangers, un levier classique pour convaincre dans un climat d'affaires encore jugé difficile.
Rien n'est signé pour l'instant. Les négociations peuvent échouer, comme plusieurs projets similaires au Nigeria ces dernières années. Mais le simple fait qu'un État fédéré cherche des partenaires étrangers pour relancer une usine publique montre une chose : les gouvernements locaux prennent acte de la faiblesse de l'industrie pharmaceutique nationale et tentent de la corriger sans attendre Abuja. Si l'accord aboutit, Edo pourrait devenir un fournisseur régional de médicaments génériques. Sinon, l'usine restera un bâtiment vide de plus, et les malades continueront d'acheter des produits importés à prix fort.
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