Douanes nigériennes : le nouveau patron de la Zone A mise sur le renseignement
Oladapo Afeni prend la tête de l'unité FOU Zone A des douanes nigériennes à Ikeja. Il promet une traque des fuites de recettes et un contrôle renforcé des flux commerciaux dans le sud-ouest du pays.

Oladapo Afeni est le trentième contrôleur de zone par intérim à diriger la Federal Operations Unit, Zone A, du Nigeria Customs Service. Il a pris ses fonctions à Ikeja, dans l'État de Lagos, avec un discours clair : fini les méthodes au feeling, place au renseignement. Sa zone couvre le sud-ouest du Nigeria, l'un des corridors commerciaux les plus denses du pays, entre le port de Lagos, les frontières terrestres vers le Bénin et les axes routiers qui irriguent l'intérieur. Dans un contexte où les recettes douanières représentent une part importante des revenus non pétroliers de l'État fédéral, la nomination d'un homme qui parle d'efficacité opérationnelle plutôt que de chiffres bruts attire l'attention.
Afeni veut bloquer les fuites de recettes. Comprendre : ces marchandises qui passent les postes sans déclaration correcte, ces conteneurs sous-évalués, ces produits de contrebande qui échappent aux droits de douane. La Zone A est en première ligne sur ces dossiers. Le nouveau patron promet une enforcement guidée par les données, pas par des descentes au hasard. Il évoque aussi la protection des intérêts économiques et sécuritaires du Nigeria — un langage qui englobe la lutte contre la contrebande d'armes, de drogues et de produits dangereux, mais aussi la défense des industries locales face aux importations massives.
Cette approche par le renseignement n'est pas une première dans l'histoire des douanes nigériennes. Mais elle intervient à un moment où les autorités fédérales cherchent à élargir la base fiscale non pétrolière. Le Naira faible rend les importations plus chères, ce qui peut pousser certains opérateurs à chercher des voies de contournement. Pour les commerçants de la zone, la donne change : les contrôles risquent d'être plus ciblés, moins aléatoires, mais aussi plus difficiles à anticiper. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces évolutions réglementaires pour ajuster les coûts de transfert entre le Nigeria et la zone FCFA.
Reste à voir ce que donnera cette promesse sur le terrain. La Zone A a connu par le passé des tensions entre efficacité douanière et fluidité du commerce. Les opérateurs économiques du sud-ouest, eux, attendent de savoir si le renseignement se traduira par moins de blocages inutiles ou par plus de contrôles ciblés. Afeni hérite d'une unité sous pression, entre objectifs de recettes et exigences de facilitation des échanges. Sa marge de manœuvre dépendra autant de ses hommes que des instructions qui descendront d'Abuja.
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