Le Nigeria emprunte 1 100 milliards de nairas alors que les rendements obligataires s'envolent
Le DMO nigérian ouvre une adjudication de 1 100 milliards de nairas sur trois obligations d'État, alors que les rendements du marché domestique continuent de grimper, reflétant la pression sur la dette et l'inflation.

Le Bureau de gestion de la dette du Nigeria (DMO) lance lundi une adjudication de 1 100 milliards de nairas (environ 730 millions de dollars) sur trois titres d'État réouverts. L'opération comprend 250 milliards de nairas sur l'obligation à 10 ans arrivant à échéance en janvier 2035, 100 milliards sur celle à 20 ans, et le solde sur une maturité intermédiaire. Cette levée de fonds intervient dans un contexte de hausse des rendements obligataires, qui reflète les tensions sur le marché de la dette et les anticipations d'inflation.
Les rendements des obligations nigérianes ont grimpé de près de 200 points de base en trois mois, portant le taux de référence à plus de 19 % sur les titres à long terme. Cette augmentation s'explique par la politique monétaire restrictive de la banque centrale, qui a relevé son taux directeur à 26,25 % en juillet, et par l'offre abondante de titres publics. Les investisseurs exigent des primes plus élevées pour compenser le risque d'inflation, qui s'est établie à 33,95 % en mai, et la dépréciation du naira.
Pour les acteurs du marché, cette adjudication est un test de l'appétit des investisseurs locaux et étrangers. Les banques commerciales, principales acheteuses, pourraient absorber une partie de l'offre, mais les fonds de pension et les compagnies d'assurance restent prudents. La hausse des rendements rend les titres nigérians plus attractifs pour les non-résidents, qui peuvent bénéficier d'un rendement élevé, mais le risque de change demeure un frein. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les mouvements de capitaux influencent le taux de change du naira.
Le DMO espère lever des fonds pour financer le déficit budgétaire, qui devrait atteindre 4 % du PIB en 2024. Mais cette stratégie a un coût : le service de la dette absorbe déjà 90 % des recettes fédérales. Avec des rendements aussi élevés, chaque adjudication alourdit la charge future. Les analystes s'interrogent sur la soutenabilité de cette trajectoire, d'autant que le gouvernement prévoit d'emprunter encore 4 000 milliards de nairas cette année. Le pari est que la croissance, stimulée par les réformes économiques, finira par générer des recettes suffisantes.
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