Finance & changeÉconomiePolitique monétaire

Deux banques étrangères frappent à la porte de l'Éthiopie après 50 ans de fermeture

Deux établissements bancaires étrangers ont déposé une demande d'agrément pour s'installer en Éthiopie via des investissements greenfield, une première depuis la libéralisation du secteur en 2024.

S

Rédaction SendXOF

Publié le 5 octobre 2026

Partager :
Deux banques étrangères frappent à la porte de l'Éthiopie après 50 ans de fermeture

L'Éthiopie n'avait pas vu une banque étrangère poser ses valises depuis un demi-siècle. Deux institutions ont officiellement déposé leur dossier auprès de la Banque nationale d'Éthiopie pour obtenir une licence. Elles passent par des investissements greenfield, c'est-à-dire qu'elles créent des filiales à partir de zéro, sans racheter d'acteurs locaux. La loi éthiopienne de 2024 a ouvert la porte aux capitaux étrangers, mais avec des garde-fous : plafond de participation, obligation de s'installer sous forme de société anonyme locale, et interdiction de racheter une banque existante. Ces deux candidats sont les premiers à franchir l'étape formelle de la demande.

Addis-Abeba veut secouer un secteur bancaire étroit, dominé par la Commercial Bank of Ethiopia, qui détient à elle seule près de la moitié des actifs. Le crédit au secteur privé plafonne autour de 15 % du PIB, contre 30 % au Kenya et plus de 60 % en Afrique du Sud. Les entreprises se plaignent d'un accès au financement lent et cher. L'arrivée de banques étrangères doit apporter des capitaux, des compétences en gestion du risque et une concurrence qui pousse les acteurs locaux à moderniser leurs services. Le FMI, qui a négocié un programme de 3,4 milliards de dollars avec l'Éthiopie en 2024, a fait de l'ouverture bancaire une condition de ses décaissements.

Le calendrier reste flou. La Banque nationale examine les dossiers, mais aucun délai n'a été rendu public. Les règles exigent des candidats une expérience avérée et des fonds propres solides. Plusieurs observateurs s'attendent à ce que les premières licences soient délivrées d'ici la fin de l'année. Pour la diaspora éthiopienne, qui envoie chaque année plus de 4 milliards de dollars au pays, cette ouverture pourrait à terme élargir les canaux de transfert et faire baisser les frais. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent de près ces évolutions réglementaires, car elles déterminent la profondeur des marchés de change et la fluidité des envois vers la Corne de l'Afrique.

L'enjeu dépasse les deux candidats. Si l'Éthiopie réussit son ouverture, elle pourrait attirer d'autres banques panafricaines et internationales, à l'image de ce qui s'est passé au Nigeria dans les années 2000. Mais le pays part de loin : le secteur reste sous-capitalisé, les taux d'intérêt réels sont négatifs et l'inflation a dépassé 30 % en 2024. Les nouveaux entrants devront composer avec un environnement macroéconomique instable et une monnaie, le birr, qui a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis la libéralisation de juillet 2024. La réussite de cette première vague donnera le ton pour les suivantes.

Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux

SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

Articles similaires