Détroit d'Ormuz : le trafic vraiment revenu à la normale ?
Alors que les prix du pétrole repassent au-dessus de 100 dollars le baril, les États-Unis assurent que le trafic dans le détroit d'Ormuz est revenu à la normale. Mais les données et les compagnies maritimes racontent une autre histoire.
Les prix du pétrole ont de nouveau franchi la barre des 100 dollars le baril cette semaine, alimentés par les tensions persistantes au Moyen-Orient. Dans ce contexte, Washington insiste : le trafic dans le détroit d'Ormuz, par où transite près d'un cinquième de la production mondiale de brut, serait revenu à la normale. Une affirmation qui contraste avec les chiffres publiés par les agences de suivi maritime.
Selon TankerTrackers, le nombre de pétroliers traversant le détroit reste inférieur de 15 % à sa moyenne de début d'année. Les compagnies d'assurance exigent toujours des primes de guerre élevées pour couvrir les navires qui s'y aventurent. Certains armateurs préfèrent rallonger leurs routes, quitte à payer plus de carburant, plutôt que de risquer une interception par les Gardiens de la Révolution iraniens, comme cela s'est produit en avril avec le porte-conteneurs MSC Aries.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette situation a un écho particulier : les tensions dans le golfe Persique font grimper les prix du pétrole, donc ceux de l'essence à la pompe à Lagos ou Abidjan, et mécaniquement le coût de la vie. Les plateformes de transfert comme SendXOF ajustent leurs taux en temps réel, car chaque variation du naira ou du franc CFA dépend aussi de la santé des économies importantes de brut.
En réalité, la question n'est pas seulement le nombre de navires. C'est la confiance des acteurs du marché, qui reste fragile. Tant que Téhéran n'aura pas donné de garanties claires sur la liberté de navigation, les assureurs maintiendront leurs primes élevées et les armateurs éviteront la zone. Washington peut afficher un optimisme de façade, mais les données objectives et les comportements des compagnies maritimes disent le contraire. Le retour à une normale complète, lui, n'est pas pour demain.
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