Dangote révèle avoir payé 40 % d'intérêts sur les prêts d'Obajana
Aliko Dangote affirme que son groupe a supporté des taux d'intérêt allant jusqu'à 40 % pour financer l'usine de ciment d'Obajana, au Nigeria, pointant du doigt le coût du crédit local.

Aliko Dangote a levé un coin de voile sur les conditions de financement de son empire industriel. Le fondateur de Dangote Industries a déclaré que son groupe avait payé des taux d'intérêt atteignant 40 % auprès de banques locales pour construire l'usine de ciment d'Obajana, dans l'État de Kogi. Une confidence qui en dit long sur le coût du crédit au Nigeria, même pour les plus grands industriels du pays.
Obajana n'est pas un projet anodin. L'usine, l'une des plus grandes cimenteries d'Afrique, a nécessité des investissements massifs que le groupe a dû financer en grande partie sur le marché domestique. Avec des taux à 40 %, le fardeau financier devient colossal : chaque milliard de nairas emprunté coûte près de la moitié de son montant en intérêts sur un an. Pour un groupe de cette taille, l'aveu sonne comme un avertissement sur l'environnement des affaires nigérian, où le crédit reste rare et cher malgré les réformes monétaires engagées par la banque centrale.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les entreprises nigérianes composent avec une inflation persistante et un naira volatil. Les taux directeurs élevés de la CBN, censés juguler la hausse des prix, se répercutent directement sur le coût des emprunts bancaires. Pour les opérateurs, l'accès au financement long et abordable demeure un casse-tête. Les industriels qui, comme Dangote, misent sur la production locale doivent souvent absorber des charges financières qui grèvent leur compétitivité. La question du coût du crédit revient ainsi au cœur des débats économiques, alors que le pays cherche à stimuler son secteur manufacturier.
Le cas d'Obajana illustre un paradoxe nigérian : un géant industriel capable de mobiliser des milliards de nairas, mais contraint de payer des intérêts dignes d'un prêt à la consommation. Dangote n'a pas précisé la période exacte de ces emprunts, mais son témoignage rappelle que derrière les annonces de méga-projets, la réalité du financement local reste rude. Une donnée que les investisseurs et les partenaires du groupe, y compris ceux qui opèrent dans les transferts de fonds, surveillent de près.
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