Nigeria : la raffinerie Dangote ne suffira pas à couvrir les besoins africains
Le gouvernement fédéral nigérian reconnaît que la raffinerie Dangote ne peut pas à elle seule approvisionner le marché africain, et appelle à de nouveaux investissements dans le secteur du raffinage pour que le pays devienne un hub énergétique régional.
Le gouvernement fédéral nigérian a officiellement reconnu que la raffinerie Dangote, pourtant la plus grande d'Afrique, ne suffira pas à couvrir la demande du continent. Lors d'une conférence à Abuja, le ministre d'État au Pétrole a souligné que les besoins en carburant de l'Afrique dépassent largement la capacité de production actuelle de la raffinerie, située à Lekki. Pour devenir un véritable hub énergétique, le Nigeria doit attirer de nouveaux investisseurs dans le secteur du raffinage. Cette déclaration intervient alors que le pays cherche à réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers, qui pèsent lourdement sur ses réserves de change.
La raffinerie Dangote, avec sa capacité de 650 000 barils par jour, a commencé à produire du carburant aviation et du diesel, mais l'essence n'est pas encore commercialisée à grande échelle. Les experts estiment que même à pleine capacité, elle ne couvrirait qu'une fraction de la consommation africaine, estimée à plus de 4 millions de barils par jour. Le gouvernement mise donc sur des partenariats public-privé pour construire d'autres raffineries modulaires, notamment dans le Delta du Niger. L'objectif est de transformer le Nigeria en exportateur net de produits raffinés, une ambition qui semble encore lointaine.
Pour les pays voisins comme le Bénin, le Togo ou le Ghana, le succès de ces projets est crucial. Ils dépendent encore largement des importations de carburant, souvent via le Nigeria, et les fluctuations de l'offre affectent directement les prix à la pompe et l'inflation. Une augmentation de la capacité de raffinage nigériane pourrait stabiliser les prix régionaux et réduire la pression sur les devises dans la zone. Les ménages et les entreprises de la CEDEAO, qui subissent de plein fouet la hausse des coûts énergétiques, suivent de près ces développements.
En attendant, le Nigeria continue d'importer de l'essence, ce qui maintient une pression constante sur le naira. Chaque cargaison de carburant importé creuse un peu plus le déficit commercial et alimente la demande de dollars sur le marché parallèle. La stratégie du gouvernement, axée sur l'autosuffisance, est donc double : sécuriser l'approvisionnement énergétique et alléger la pression sur la monnaie nationale. Mais le chemin est long, et les investisseurs attendent des signaux plus clairs sur la stabilité réglementaire et les incitations fiscales.
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