Dangote raffinerie : 60 % du brut vient du Nigeria, le reste de l'étranger
La raffinerie de Dangote a couvert 60 % de ses besoins en brut avec du pétrole nigérian sur les douze mois clos en juin 2026, selon son prospectus d'introduction en bourse.

La raffinerie de Dangote a tiré 60 % de son brut du sous-sol nigérian entre juillet 2025 et juin 2026. L'information figure dans le prospectus d'introduction en bourse de la société, un document de plusieurs centaines de pages qui détaille enfin la structure d'approvisionnement de la plus grande unité de raffinage d'Afrique. Le reste, soit 40 %, provient de cargaisons importées. Le chiffre surprend : beaucoup imaginaient la raffinerie dépendante du brut étranger pour tourner à pleine capacité.
Les 40 % importés ne relèvent pas d'un choix de confort. La production pétrolière nigériane plafonne autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions visés par le gouvernement. Les vols de brut et les sabotages sur les pipelines du delta du Niger continuent de priver les terminaux d'exportation. La raffinerie, elle, avale jusqu'à 650 000 barils par jour quand tout fonctionne. Pour combler l'écart, la NNPC et Dangote ont dû signer des contrats en nairas avec des producteurs locaux, puis acheter le complément sur les marchés internationaux, en dollars. Cette double facture pèse sur les coûts.
Le document tombe au moment où la compagnie prépare son entrée à la Bourse de Lagos, une opération qui pourrait valoriser l'ensemble à plusieurs milliards de dollars. Les investisseurs voudront savoir si l'approvisionnement local peut monter au-delà de 60 %. Dangote négocie depuis 2024 des accords d'achat en devise locale avec les majors opérant au Nigeria, mais les volumes restent contraints par la production réelle. Chaque baril importé expose la raffinerie au risque de change, dans un pays où le naira a perdu plus de la moitié de sa valeur en deux ans.
Le vrai test sera 2027. Si la production nigériane ne redémarre pas, la raffinerie restera suspendue à des cargaisons achetées en dollars, avec un coût de revient supérieur à celui de ses concurrents asiatiques et européens. À l'inverse, une remontée de la production locale à 1,6 ou 1,8 million de barils changerait la donne : la raffinerie pourrait sécuriser son brut, réduire ses besoins en devises et peser sur les prix à la pompe dans toute la région. Le prospectus ne promet rien, mais il pose la question à voix haute.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Sovereign Trust Insurance : le bénéfice net bondit de 296 % à 1,02 milliard de nairas
L'assureur nigérian Sovereign Trust Insurance a publié un bénéfice net de 1,015 milliard de nairas sur les neuf premiers mois de 2025, en hausse de 296 % sur un an, porté par la croissance des primes et la maîtrise des coûts.

Le Nigeria débloque 600 millions de dollars pour les industries créatives et numériques
Le gouvernement fédéral nigérian mobilise plus de 600 millions de dollars pour financer les entreprises des secteurs créatif et numérique, attirer des investissements privés et accroître leur contribution à l'économie.

Dangote révèle avoir payé 40 % d'intérêts sur les prêts de l'usine d'Obajana
Aliko Dangote affirme que son groupe a emprunté auprès des banques nigérianes à des taux atteignant 40 % pour financer la cimenterie d'Obajana, dans l'État de Kogi.