Dangote promet la fin des importations de carburant en Afrique d'ici 2030
Aliko Dangote annonce un nouveau projet de raffinerie à 16 milliards de dollars au Kenya et prévoit que l'Afrique cessera largement d'importer du carburant d'ici 2030.

Aliko Dangote ne parle plus seulement du Nigeria. L'homme d'affaires, dont la raffinerie de Lekki tourne désormais à plein régime, annonce un nouveau projet au Kenya pour 16 milliards de dollars. Objectif affiché : que l'Afrique cesse, en grande partie, d'importer du carburant d'ici 2030. Un pari énorme quand on sait que le continent achète encore massivement son essence et son diesel à l'étranger, faute de capacités de raffinage suffisantes. La raffinerie nigériane, qui doit atteindre 650 000 barils par jour, a déjà commencé à réduire les achats de produits pétroliers du Nigeria. Le Kenya, lui, veut sa part.
Le choix du Kenya n'est pas anodin. Le pays importe la quasi-totalité de son carburant, principalement via le port de Mombasa. Une raffinerie sur place changerait la donne pour toute l'Afrique de l'Est, du Rwanda à l'Ouganda. Dangote parle d'un projet intégré, avec stockage et distribution, pour capter une région qui consomme de plus en plus. Les autorités kényanes n'ont pas encore détaillé les contours de l'accord, mais l'annonce intervient alors que Nairobi cherche à réduire sa facture pétrolière, qui pèse sur ses réserves de devises.
Reste à savoir si la promesse tient la route. Construire une raffinerie de cette taille prend des années, et les précédents africains sont mitigés. La raffinerie de Port Harcourt, au Nigeria, a mis des décennies à redémarrer. Le projet kényan devra convaincre les bailleurs et les partenaires techniques. Dangote, lui, avance ses arguments : son expérience nigériane, ses relations dans le secteur et sa capacité à mobiliser des financements. Il promet aussi des prix plus bas pour les consommateurs, un discours qui séduit les gouvernements mais qui se heurte souvent aux réalités du marché.
L'enjeu dépasse le seul Kenya. Si Dangote parvient à ses fins, c'est toute la carte énergétique africaine qui bouge. Moins d'importations, c'est moins de pression sur les devises, moins de vulnérabilité aux cours mondiaux et, potentiellement, des coûts logistiques réduits. Mais l'Afrique reste dépendante de ses exportations de brut et de ses importations de produits raffinés. Le discours de Dangote, aussi ambitieux soit-il, devra composer avec les lenteurs administratives, les rivalités régionales et les intérêts des traders internationaux. D'ici 2030, le continent saura s'il a tenu la promesse.
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