Dangote, moteur de l'industrialisation africaine selon Africa Finance Corporation
L'Africa Finance Corporation (AFC) a salué les investissements du groupe Dangote comme essentiels à la croissance économique africaine, soulignant leur rôle dans l'industrialisation du continent.

L'Africa Finance Corporation (AFC) ne mâche pas ses mots. Dans un récent rapport, l'institution financière panafricaine décrit les investissements du groupe Dangote comme « critiques » pour libérer le potentiel économique du continent. Pas question d'effet d'annonce : l'AFC pointe des réalisations concrètes, de la raffinerie de pétrole de Lagos aux usines de ciment réparties dans une quinzaine de pays. Selon l'institution, ces projets ne se contentent pas de créer des emplois, ils transforment des filières entières.
La raffinerie de Dangote, inaugurée l'an dernier sur la péninsule de Lekki, incarne cette ambition. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, elle vise à réduire la dépendance du Nigeria aux importations de carburant. Déjà, elle fournit une part croissante du carburant aviation du pays, et ses effets se font sentir sur la balance commerciale. Pour les économistes, ce type d'investissement réduit la pression sur le naira, car moins de devises sont dépensées pour acheter du pétrole raffiné à l'étranger. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la stabilité monétaire dépend en partie de ces grands projets industriels.
Au-delà du Nigeria, le groupe a essaimé au Cameroun, au Ghana, en Zambie ou encore en Tanzanie, avec des usines de ciment qui alimentent les chantiers de construction locaux. L'AFC souligne que ces implantations dopent l'activité économique régionale et favorisent l'intégration des chaînes de valeur. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le ciment Dangote représente près de 40 % de la capacité de production du continent. Une position qui donne au groupe un poids considérable dans les marchés émergents.
Reste un défi de taille : la durabilité de ces investissements. L'AFC insiste sur la nécessité d'un environnement réglementaire stable et de partenariats public-privé solides pour pérenniser ces projets. Sans ces conditions, les promesses industrielles pourraient rester lettre morte. Mais pour l'instant, l'institution parie sur l'effet d'entraînement : chaque nouvelle usine, chaque raffinerie fonctionnelle, rapproche l'Afrique de son objectif d'industrialisation. Un mouvement que les observateurs suivront de près, tant il conditionne l'avenir économique du continent.
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