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Dangote et Ruto lancent une raffinerie de 16 milliards de dollars au Kenya

Le groupe Dangote et le gouvernement kényan ont posé la première pierre d'une raffinerie à Lamu. Elle doit traiter 700 000 barils par jour dans 40 mois.

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Rédaction SendXOF

Publié le 1 octobre 2026

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Dangote et Ruto lancent une raffinerie de 16 milliards de dollars au Kenya

Aliko Dangote et le président kényan William Ruto ont posé mardi la première pierre d'une raffinerie à Lamu, dans l'est du Kenya. L'investissement s'élève à 16 milliards de dollars, selon les deux parties. Le site doit traiter jusqu'à 700 000 barils de brut par jour à son achèvement, prévu dans 40 mois. Le projet vise à réduire la dépendance du Kenya aux importations de produits pétroliers raffinés, qui pèsent lourdement sur sa balance commerciale. Nairobi importe aujourd'hui la quasi-totalité de son essence et de son diesel, principalement depuis le Moyen-Orient et l'Inde.

Le choix de Lamu n'est pas anodin. Le comté abrite déjà le port de Lamu, un projet d'infrastructure lancé en 2012 dans le cadre de l'axe de transport Lamu-Soudan du Sud-Éthiopie. La raffinerie s'inscrit dans cette logique de corridor régional. Elle pourrait approvisionner non seulement le Kenya, mais aussi l'Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud, qui dépendent aujourd'hui de produits raffinés importés via Mombasa ou Dar es Salaam. Pour Dangote, c'est une nouvelle étape après la mise en service progressive de sa méga-raffinerie de Lekki, au Nigeria, d'une capacité de 650 000 barils par jour.

Le calendrier de 40 mois reste ambitieux. Les grands projets pétroliers en Afrique de l'Est ont souvent dérapé. La raffinerie de Hoima, en Ouganda, attendue depuis des années, n'a toujours pas produit. Au Kenya, la construction devra composer avec les contraintes logistiques de Lamu, une zone côtière enclavée, et avec les recours possibles des communautés locales sur le foncier. Le financement, lui, n'est pas encore bouclé : ni Dangote ni Nairobi n'ont détaillé la structure du capital ni la part respective des partenaires.

Si elle voit le jour, l'infrastructure changerait la donne pour toute la région. Le Kenya pourrait réduire sa facture pétrolière, créer des emplois industriels et peser davantage dans les négociations sur les prix des produits raffinés. Mais les 16 milliards de dollars annoncés représentent près de 15 % du PIB kényan. Le projet devra convaincre les bailleurs et les marchés. Pour l'heure, seule la première pierre est posée.

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