Dangote confie à un groupe indien la construction d'une raffinerie à 16 milliards $ au Kenya
Aliko Dangote a désigné Engineers India Limited pour superviser la construction d'une raffinerie au Kenya, un projet de 16 milliards de dollars qui pourrait transformer l'approvisionnement en carburant en Afrique de l'Est.

Aliko Dangote ne s'arrête plus à Lagos. L'homme d'affaires nigérian, dont la raffinerie de Lekki tourne désormais à plein régime, a confié à Engineers India Limited (EIL) la supervision de la construction d'une raffinerie au Kenya. Le montant affiché donne le vertige : 16 milliards de dollars. EIL, société publique indienne spécialisée dans l'ingénierie pétrolière, pilotera les études, la conception et le suivi des travaux. Le choix d'un partenaire indien n'est pas anodin : New Delhi a bâti une expertise reconnue dans les complexes de raffinage, du golfe Persique à l'Afrique de l'Est.
Le Kenya importe aujourd'hui la quasi-totalité de son carburant, une dépendance qui pèse lourd sur sa balance commerciale et sur le prix à la pompe. Nairobi cherche depuis des années à doter le pays d'une capacité de raffinage, sans jamais concrétiser. L'arrivée de Dangote change la donne : le milliardaire nigérian a prouvé avec Lekki qu'il savait lever des financements massifs et livrer des infrastructures que d'autres jugeaient irréalistes. Son implication pourrait débloquer les garanties bancaires et les accords politiques qui manquaient aux projets kényans précédents.
Reste à savoir où se situera exactement le site et comment le brut sera acheminé. Le Kenya ne produit pas de pétrole à grande échelle, même si des gisements ont été identifiés dans la vallée du Rift. La raffinerie devrait donc traiter du brut importé, probablement du Moyen-Orient ou du Nigeria. Cette configuration rapproche le projet kényan du modèle de Lekki, qui transforme du pétrole nigérian pour le marché régional. Pour les opérateurs est-africains, l'enjeu est clair : réduire les délais d'importation et faire baisser les coûts logistiques qui renchérissent chaque litre de diesel ou d'essence.
Le calendrier reste flou. EIL n'a pas communiqué de date de démarrage des travaux, et le financement de 16 milliards de dollars exigera une mobilisation bancaire considérable. Mais le simple fait que Dangote pose ses valises au Kenya envoie un signal : l'Afrique de l'Est devient une priorité pour les grands capitaines d'industrie du continent. Si le projet aboutit, il redessinera la carte énergétique régionale et réduira la dépendance aux importations depuis le Moyen-Orient et l'Inde. Une chose est sûre : après Lekki, Dangote veut prouver que son modèle peut s'exporter.
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