Dangote confie à Honeywell la technologie de sa raffinerie kényane à 16 milliards de dollars
Honeywell décroche un contrat d'environ 300 millions de dollars pour équiper la raffinerie de Dangote au Kenya, un projet évalué à 16 milliards de dollars qui vise à réduire la dépendance aux importations de carburant en Afrique de l'Est.

Aliko Dangote a choisi Honeywell pour fournir la technologie et les services d'ingénierie de sa raffinerie au Kenya, un contrat d'environ 300 millions de dollars. Le projet global, estimé à 16 milliards de dollars, doit transformer le paysage énergétique de l'Afrique de l'Est. Honeywell, géant américain de l'automatisation et des procédés, apportera son savoir-faire dans le raffinage et la pétrochimie. La raffinerie kényane s'inscrit dans la stratégie du milliardaire nigérian, déjà propriétaire de la plus grande raffinerie d'Afrique à Lekki, près de Lagos, qui a coûté 20 milliards de dollars.
Le Kenya importe aujourd'hui la quasi-totalité de son carburant raffiné, une facture qui pèse lourdement sur sa balance commerciale. La future raffinerie, dont la localisation exacte n'est pas encore confirmée, devrait traiter le pétrole brut de la région et alimenter les marchés kényan, ougandais, rwandais et tanzanien. Pour Dangote, l'enjeu est double : sécuriser des débouchés pour son brut et capter la valeur ajoutée du raffinage. Honeywell, de son côté, consolide sa présence en Afrique, où il équipe déjà des installations pétrolières et gazières au Nigeria, en Angola et au Mozambique.
Le calendrier du projet reste flou. Aucune date de mise en service n'a été annoncée, et le financement de 16 milliards de dollars n'a pas été détaillé. Les opérateurs suivent de près l'évolution, car une raffinerie de cette taille modifierait les flux d'importation de produits pétroliers dans toute la région. Pour les pays voisins, l'enjeu est de réduire leur dépendance aux cargaisons venues du Moyen-Orient et d'Europe, dont les prix fluctuent au gré des tensions géopolitiques.
Ce contrat illustre la montée en puissance des acteurs africains dans le raffinage, longtemps dominé par les majors internationales. Dangote, avec Lekki, a déjà prouvé qu'un groupe privé africain pouvait rivaliser avec les géants mondiaux. Le Kenya, de son côté, cherche à transformer localement ses ressources et à créer des emplois industriels. Reste à savoir si le projet tiendra ses promesses dans un secteur où les dépassements de coûts et les retards sont monnaie courante. Pour l'instant, Honeywell empoche 300 millions de dollars et Dangote avance une pièce de plus sur l'échiquier énergétique africain.
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