Dangote confie à Engineers India la construction de sa raffinerie kényane à Lamu
Le groupe Dangote a signé un contrat de plus de 450 millions de dollars avec Engineers India Ltd pour piloter le développement d'une raffinerie de 700 000 barils par jour à Lamu, au Kenya.

Le groupe Dangote a officialisé un contrat de plus de 450 millions de dollars avec Engineers India Ltd (EIL). L'accord porte sur la supervision du développement d'une raffinerie et d'un complexe pétrochimique à Lamu, au Kenya, d'une capacité annoncée de 700 000 barils par jour. EIL, bras technique du secteur public indien, interviendra comme ingénieur-conseil sur l'ensemble du projet. Lamu, port situé sur la côte nord-est du Kenya, devient ainsi le point d'ancrage d'un investissement qui dépasse largement le cadre kényan.
Cette annonce intervient après des années de tractations. Le groupe Dangote, déjà présent au Nigeria avec sa raffinerie de Lekki, dont la capacité atteint 650 000 barils par jour, étend désormais son modèle à l'Afrique de l'Est. Le choix d'EIL n'est pas anodin : l'entreprise indienne a supervisé des projets similaires à travers le Moyen-Orient et l'Asie, et son expertise en matière de raffinage lourd rassure les bailleurs. Pour le Kenya, qui importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers raffinés, l'enjeu est de taille : réduire une facture qui pèse lourdement sur sa balance commerciale.
Le calendrier reste flou. Aucune date de bouclage financier ni de démarrage des travaux n'a été précisée. Les observateurs rappellent que le projet de Lamu traîne depuis plus de dix ans, freiné par des questions foncières et environnementales. La zone abrite des mangroves classées et des communautés de pêcheurs qui avaient obtenu gain de cause devant les tribunaux kényans en 2016. Le feu vert définitif dépendra donc aussi de la capacité du groupe à convaincre les autorités locales et les organisations écologistes.
Pour l'Afrique de l'Est, l'arrivée d'un acteur privé de cette envergure change la donne énergétique. Si le projet aboutit, le Kenya pourrait non seulement couvrir ses besoins, mais aussi exporter vers l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie. Reste à savoir si Dangote parviendra à lever les financements nécessaires dans un contexte où les banques internationales se montrent plus prudentes sur les projets pétroliers. Le contrat signé avec EIL constitue une première étape concrète, mais il ne garantit ni le calendrier ni la réussite industrielle de l'ensemble.
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