CWG réunit Lagos pour plaider en faveur des infrastructures numériques africaines
La cinquième édition de la TeXcellence Conference, organisée par CWG Plc à Lagos, a réuni décideurs et experts autour d'un appel à investir durablement dans les infrastructures numériques du continent.

CWG Plc a clos la cinquième édition de sa TeXcellence Conference à Lagos. L'événement, devenu un rendez-vous pour l'écosystème tech nigérian, a réuni décideurs publics, opérateurs télécoms et investisseurs autour d'un constat simple : l'Afrique construit trop lentement les tuyaux qui doivent porter sa croissance numérique. Les débats ont porté sur les data centers, la fibre optique et l'énergie nécessaire pour faire tourner tout cela. Un responsable de CWG a résumé la position du groupe : sans investissement continu, les promesses de la digitalisation resteront des slides de présentation.
Le Nigeria illustre bien l'urgence. Le pays compte plus de 200 millions d'habitants, mais la qualité de sa connexion Internet reste inégale, surtout hors de Lagos et Abuja. Les opérateurs se plaignent des coûts d'accès aux droits de passage pour poser la fibre, des coupures électriques qui obligent à installer des groupes électrogènes, et d'une fiscalité multiple qui renchérit chaque kilomètre de réseau. La TeXcellence Conference a servi de caisse de résonance à ces griefs, avec l'espoir que les autorités entendent le message.
CWG, cotée à la Bourse de Lagos, ne parle pas seulement pour les autres. La société vend des infrastructures informatiques et des services cloud aux entreprises et aux administrations. Elle a donc un intérêt direct à ce que le pays améliore son réseau électrique et sa connectivité. Mais son discours dépasse le seul Nigeria : plusieurs intervenants ont évoqué la nécessité d'une approche régionale, notamment pour les câbles sous-marins et les échanges de données entre pays voisins. La CEDEAO pourrait jouer un rôle de coordination, ont estimé certains participants.
Sur le terrain, les besoins sont chiffrés. La Banque mondiale estime que l'Afrique subsaharienne devra investir environ 100 milliards de dollars d'ici 2030 pour combler son retard en infrastructures numériques. Les opérateurs privés ne pourront pas tout porter. La conference a donc insisté sur les partenariats public-privé et sur la nécessité d'attirer des capitaux étrangers. Pour les entreprises du secteur, la balle est désormais dans le camp des gouvernements : simplifier les procédures, sécuriser les investissements, et tenir les promesses de réforme. Faute de quoi, la cinquième édition de la TeXcellence Conference pourrait ressembler aux précédentes : un appel de plus, sans effet immédiat.
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