Crise d'Ormuz : l'Afrique doit sécuriser ses routes commerciales
Le milliardaire Prateek Suri appelle les pays africains à prendre le contrôle de leurs routes commerciales stratégiques, s'inspirant de la crise d'Ormuz pour renforcer leur souveraineté économique et leur croissance.

La crise d'Ormuz a mis en lumière une fragilité que l'Afrique connaît bien : la dépendance aux routes maritimes contrôlées par d'autres. Prateek Suri, milliardaire indien, a lancé un appel clair lors d'un forum économique à Lagos : les nations africaines doivent investir massivement dans leurs infrastructures portuaires et logistiques pour sécuriser leurs échanges. Il cite l'exemple du détroit d'Ormuz, où le blocage de quelques jours a suffi à perturber les chaînes d'approvisionnement mondiales, pour illustrer l'urgence de la diversification.
Les ports africains, de Mombasa à Dakar, voient transiter une part croissante du commerce mondial, mais leur contrôle reste souvent entre des mains étrangères. Suri insiste sur la nécessité de nouer des partenariats équilibrés, où les entreprises locales détiennent une part significative des infrastructures. Il pointe du doigt les retards administratifs et le manque d'investissement dans le rail et la route, qui freinent l'acheminement des marchandises vers l'intérieur du continent.
Pour les pays de la CEDEAO, cette question résonne particulièrement. Les échanges entre le Nigeria et ses voisins francophones dépendent de corridors routiers souvent saturés, et les coûts de transport grèvent la compétitivité des produits locaux. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces réalités en temps réel sur leurs interfaces, permettant aux commerçants de mieux anticiper les variations de change liées aux perturbations logistiques.
Suri ne prêche pas seulement pour sa paroisse : il propose un fonds d'investissement panafricain dédié aux infrastructures critiques, avec une gouvernance transparente. Une idée séduisante sur le papier, mais qui bute sur la réalité politique du continent, où les projets d'envergure peinent souvent à franchir le stade des annonces. L'Afrique a pourtant tout à gagner à sécuriser ses routes, à condition que les décideurs passent des discours aux actes.
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