Crise alimentaire au Nigeria : les banques ne suffisent plus
Le Nigeria peine à résoudre sa crise alimentaire. Le secteur financier, centré sur de grands acteurs, délaisse les petits agriculteurs. Moins de 5 % des prêts bancaires vont à l'agriculture. Il faut des modèles alternatifs, comme le financement participatif ou les plateformes mobiles.

Le Nigeria produit moins de nourriture qu'il n'en consomme, et les causes sont bien connues : terres dégradées, semences inadaptées, engrais hors de prix. Mais un autre facteur, moins visible, pèse lourd : l'argent ne circule pas jusqu'aux exploitations. Le système bancaire, taillé pour les grands groupes et le commerce, ignore les petits agriculteurs qui représentent pourtant 80 % de la production vivrière.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Moins de 5 % des crédits bancaires au Nigeria vont au secteur agricole, selon la Banque centrale. Et encore, ce pourcentage profite surtout aux grandes fermes commerciales. Les petits producteurs, eux, dépendent de la microfinance, des tontines ou de prêteurs informels qui exigent des taux usuraires. Résultat : ils n'ont pas les moyens d'acheter des intrants ni de louer du matériel, et les rendements stagnent.
Pourtant, des solutions émergent en dehors des banques traditionnelles. Des plateformes de financement participatif agricole lèvent des fonds auprès de particuliers pour financer des récoltes. Des services d'argent mobile permettent aux agriculteurs de recevoir des paiements et de payer des fournisseurs sans passer par une agence. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, facilitant les transactions transfrontalières. Ces outils ne remplacent pas le crédit bancaire, mais ils offrent une première bouffée d'oxygène.
La crise alimentaire nigériane ne se résoudra pas avec les seules banques. Il faut multiplier les canaux financiers, adapter les produits aux cycles agricoles et réduire les coûts de transaction. Les autorités monétaires ont un rôle à jouer, mais elles doivent aussi laisser la place à l'innovation. Sinon, le fossé entre les besoins des agriculteurs et les réponses du système financier continuera de se creuser.
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