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Cours de l'or : l'Afrique accélère la construction de raffineries locales

Portés par des prix élevés, les pays producteurs d'or multiplient les projets de raffinage domestique pour capter plus de valeur. Le Nigeria et le Ghana veulent transformer sur place plutôt que d'exporter des lingots bruts.

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Rédaction SendXOF

Publié le 2 octobre 2026

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Cours de l'or : l'Afrique accélère la construction de raffineries locales

L'or se négocie à des niveaux historiques depuis deux ans. Au Nigeria, la Dangote Gold Refinery, lancée en 2024, tourne désormais à pleine capacité. Le Ghana, premier producteur africain, a validé en mars un nouveau site de raffinage à Tema. La Côte d'Ivoire et le Mali ont aussi des projets dans les cartons. Le mouvement est simple : les pays producteurs ne veulent plus voir partir des lingots bruts pour être fondus à Dubaï ou en Suisse. Chaque once raffinée sur place, c'est de la valeur ajoutée qui reste sur le continent.

Les chiffres expliquent cette ruée. Selon la Banque mondiale, l'Afrique exporte environ 60 % de son or sous forme non raffinée. Résultat : le continent perd une marge estimée à 5 milliards de dollars par an, selon la CEA. Les gouvernements veulent inverser la tendance. Le Nigeria a durci ses règles sur les exportations de minerai brut. Le Ghana taxe davantage les concentrés. L'objectif est double : créer des emplois et réduire la dépendance aux devises étrangères.

Le raffinage local ne règle pas tout. Il faut de l'électricité stable, des produits chimiques et des compétences techniques. Or, ces trois éléments manquent souvent. La raffinerie de Dangote a dû importer une partie de ses équipements. Au Ghana, le projet de Tema prend du retard faute de financement. Les cours élevés de l'or ne suffisent pas à combler ces lacunes. Les opérateurs réclament des incitations fiscales et des partenariats avec des fondeurs étrangers.

Pour l'instant, la stratégie paie partiellement. Le Nigeria a raffiné 12 tonnes d'or en 2024, contre 2 tonnes en 2022. Le Ghana en a transformé 8 tonnes. Ces volumes restent modestes face aux 600 tonnes produites chaque année sur le continent. Mais la dynamique est lancée. Si les infrastructures suivent, l'Afrique pourrait capter un quart de la valeur ajoutée de son or d'ici 2030. Une perspective qui intéresse les investisseurs, mais qui dépendra de la stabilité politique et des réformes réglementaires.

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