Cinq entreprises pèsent 30 % des exportations non pétrolières du Nigeria
En avril 2026, cinq firmes ont généré près de 30 % des revenus des 100 premiers exportateurs non pétroliers du Nigeria, selon la Banque centrale. Engrais, agriculture et agroalimentaire tirent les ventes, qui atteignent 120 millions de dollars sur le mois.

Le Nigeria cherche à diversifier ses revenus hors du pétrole, et les derniers chiffres officiels montrent une concentration marquée. En avril 2026, cinq entreprises ont à elles seules réalisé près de 30 % des recettes des 100 premiers exportateurs non pétroliers du pays. La Banque centrale du Nigeria (CBN) a publié ces données la semaine dernière, mettant en lumière le rôle clé des engrais, de l'agriculture et de la transformation agroalimentaire.
Ces cinq sociétés ont généré environ 36 millions de dollars sur un total de 120 millions pour le mois. Parmi elles, des acteurs majeurs comme Indorama Eleme Fertilizer & Chemicals, Dangote Fertilizer et Olam, qui dominent les exportations d'engrais à base d'urée. Mais aussi des entreprises agroalimentaires comme Flour Mills of Nigeria et Tolaram, qui expédient des produits transformés vers l'Afrique de l'Ouest et l'Europe. Cette dynamique s'explique par la hausse des prix mondiaux des engrais et la demande régionale en produits alimentaires.
Pour les observateurs, cette concentration est un signal mitigé. D'un côté, elle prouve que le Nigeria peut vendre au-delà du brut, avec des secteurs compétitifs. De l'autre, elle rend le pays vulnérable aux fluctuations de quelques produits et de quelques clients. La CBN, qui suit ces flux pour gérer ses réserves de change, voit dans ces exportations une source de devises non négligeable. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car une meilleure santé des exportations peut stabiliser le naira.
Reste que le chemin est long : le pétrole représente encore plus de 90 % des recettes d'exportation du pays. Mais la progression est réelle. En un an, les exportations non pétrolières ont grimpé de 18 %, portées par les engrais et le cacao. Si cette tendance se confirme, le Nigeria pourrait réduire sa dépendance aux hydrocarbures, un objectif que les autorités répètent depuis des décennies. Pour l'instant, les chiffres d'avril montrent que quelques acteurs tirent le pays vers l'avant, mais que la base reste étroite.
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