Botswana dégradée une seconde fois, le Ghana lance un nouveau cedi
S&P abaisse la note du Botswana après la chute des revenus du diamant, tandis que le Ghana remplace son cedi et que de nouvelles tensions inflationnistes se profilent sur le continent.

Le Botswana encaisse une deuxième dégradation de sa note souveraine en quelques mois. L'agence S&P a revu la notation du pays à la baisse, plombée par l'effondrement des revenus tirés du diamant. Les recettes minières représentent près d'un tiers des entrées fiscales de l'État, et la demande mondiale de pierres précieuses reste atone. Gaborone avait déjà vu sa note rabotée en début d'année. Cette fois, l'agence pointe l'érosion des réserves de change et un déficit budgétaire qui se creuse plus vite que prévu. Le pays, longtemps cité comme modèle de gestion en Afrique australe, doit désormais composer avec une marge de manœuvre réduite.
Au Ghana, la Banque centrale a mis en circulation une nouvelle série de billets de cedi. Objectif affiché : remplacer les coupures usées, renforcer la sécurité contre la contrefaçon et faciliter les transactions du quotidien. Mais l'opération intervient dans un contexte tendu. Le cedi a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar depuis 2022, et l'inflation, bien qu'en repli, reste au-dessus de 20 %. Accra a bouclé un programme de restructuration de sa dette avec le FMI, mais les prix des denrées importées continuent de peser sur les ménages. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
Le tableau continental ne s'éclaircit pas. Plusieurs banques centrales africaines signalent de nouvelles pressions sur les prix, notamment liées aux coûts du carburant et du fret. Le Nigeria, première économie de la zone, a vu le Naira se stabiliser autour de 1 500 pour un dollar sur le marché officiel, mais l'écart avec le marché parallèle reste large. Le Kenya et l'Égypte font face à des remboursements de dette externe qui absorbent une part croissante de leurs recettes. Les investisseurs, eux, arbitrent entre rendements obligataires élevés et risques de change persistants.
La dégradation du Botswana rappelle une réalité simple : les économies africaines restent très exposées à la volatilité des matières premières. Le diamant, comme le pétrole ou le cacao, dicte les recettes publiques. Tant que la demande mondiale restera molle et que les taux d'intérêt internationaux demeurent élevés, les États du continent devront emprunter plus cher pour financer leurs budgets. Le nouveau cedi ghanéen ne changera pas cette équation. Il offre une vitrine plus propre, pas une solution aux déséquilibres de fond.
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