Finance & changeÉconomieEntreprises

BNPL au Nigeria : le paiement en plusieurs fois séduit les jeunes, mais inquiète

À Lagos, de plus en plus de jeunes Nigérians utilisent le paiement en plusieurs fois pour acheter smartphones et électroménagers. Ce mode de financement, porté par des fintechs locales, offre une flexibilité bienvenue, mais les défauts de paiement se multiplient et certains emprunteurs se retrouvent piégés par les intérêts.

S

Rédaction SendXOF

Publié le 3 septembre 2026

Partager :
BNPL au Nigeria : le paiement en plusieurs fois séduit les jeunes, mais inquiète

Ayobami Aduragbemi, un jeune professionnel de Lagos, a acheté un smartphone grâce à une option de paiement en plusieurs fois dans une boutique de téléphonie. Comme lui, des milliers de Nigérians utilisent ce service, connu sous le nom de BNPL (Buy Now, Pay Later), pour étaler le coût de leurs achats. Les fintechs locales, telles que CredPal et Carbon, ont popularisé ce modèle en quelques années, ciblant une population jeune, connectée, mais souvent sans accès au crédit bancaire classique.

Le principe séduit : l'acheteur repart avec son produit immédiatement et rembourse en trois à six mensualités. Les intérêts, eux, varient selon les plateformes et le profil de l'emprunteur. Certaines affichent des taux annuels de 20 à 30 %, bien supérieurs à ceux des banques traditionnelles. Pour les commerçants, l'avantage est clair : ils convertissent plus de prospects en ventes, surtout en période de forte inflation, quand le pouvoir d'achat s'effrite. Mais derrière cette apparente simplicité, les risques se accumulent.

Les défauts de paiement ont bondi de 40 % en un an, selon des données compilées par des analystes de Lagos. Beaucoup de clients souscrivent sans mesurer l'impact des intérêts composés sur leur budget. Une jeune femme, qui a acheté un réfrigérateur à 150 000 nairas, s'est retrouvée à devoir rembourser 180 000 nairas sur six mois. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les envois de fonds servent souvent à couvrir ces mensualités imprévues.

Ce phénomène interroge sur la culture du crédit dans un pays où le taux de bancarisation dépasse à peine 40 %. Les régulateurs, eux, commencent à s'emparer du sujet. La Banque centrale du Nigeria a publié en début d'année un projet de directives pour encadrer ces services, exigeant plus de transparence sur les taux et les pénalités. En attendant, les jeunes Nigérians devront arbitrer entre l'attrait de la consommation immédiate et la réalité des fins de mois difficiles.

Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux

SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

Articles similaires