Blé et maïs au plus haut : l'inflation alimentaire refait surface
L'indice FAO des prix alimentaires remonte à 136 points en septembre. Blé et maïs atteignent des sommets pluriannuels, sous l'effet de récoltes décevantes et de tensions commerciales.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont repris leur ascension en septembre. L'indice de la FAO, qui suit un panier de céréales, huiles et produits laitiers, s'est établi à 136 points, soit une hausse de 1,5 % sur un mois. Le blé et le maïs ont inscrit leurs niveaux les plus élevés depuis plusieurs années. En cause : des récoltes moins bonnes que prévu en Europe de l'Est et en Amérique du Sud, des conditions météo capricieuses et des restrictions à l'exportation qui grippent les échanges. Le marché céréalier mondial reste tendu, et les acheteurs africains le ressentent directement.
Pour les pays importateurs d'Afrique de l'Ouest, la facture s'alourdit. Le Nigeria, premier consommateur de blé du continent, dépend à plus de 90 % des importations pour sa farine et son pain. Chaque hausse de 10 % sur le blé se répercute en quelques semaines sur le prix du pain à Lagos ou Kano. Le maïs, base de l'alimentation au Bénin, au Togo ou au Ghana, suit la même pente. Les industriels de la meunerie négocient des contrats à long terme pour tenter de lisser la hausse, mais la marge de manœuvre se réduit. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque franc envoyé achète moins de denrées sur place.
La situation rappelle 2022, quand l'indice FAO avait frôlé les 160 points après le déclenchement de la guerre en Ukraine. À l'époque, les prix du blé avaient bondi de 40 % en quelques mois, avant de retomber. Cette fois, la pression est plus diffuse : elle vient de la sécheresse en Argentine, des pluies excessives en Europe et d'une demande asiatique soutenue. Les stocks mondiaux de maïs sont au plus bas depuis dix ans, selon le département américain de l'Agriculture. Les spéculateurs, eux, ont repris position sur les marchés à terme de Chicago.
Pour les autorités nigérianes, l'équation est délicate. Abuja a déjà supprimé les subventions sur le carburant et libéralisé le naira, ce qui a renchéri les importations. Une flambée du blé et du maïs ajouterait de la pression sur une inflation alimentaire déjà supérieure à 30 % en glissement annuel. Les banques centrales de la zone CFA, elles, surveillent l'effet de ricochet sur les prix intérieurs. Si la tendance se confirme en octobre, la question d'un soutien ciblé aux ménages les plus fragiles reviendra sur la table des gouvernements ouest-africains.
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