Bitcoin repart à la hausse, porté par les inquiétudes sur la dette américaine
Le bitcoin reprend de la vigueur alors que les marchés obligataires ravivent les craintes sur les déficits publics. Le plan de Scott Bessent de racheter des bons du Trésor à long terme a fait baisser les rendements, affaibli le dollar et dopé l'or, redonnant des ailes aux actifs refuges.

Le bitcoin est reparti à la hausse cette semaine, porté par un regain d'inquiétudes sur la trajectoire budgétaire américaine. Les investisseurs redoutent que les émissions massives de dette publique ne finissent par éroder la valeur du dollar. Ce scénario, que les traders appellent le « debasement trade », consiste à se positionner sur des actifs réputés rares, comme l'or ou le bitcoin, pour se protéger d'une érosion monétaire. Le mouvement s'est accéléré après l'annonce par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, d'un plan visant à doubler les rachats d'obligations à long terme. Cette mesure a d'abord fait baisser les rendements, affaibli le billet vert et propulsé l'or à des sommets. Le bitcoin a suivi, grimpant de près de 8 % en trois jours, pour revenir au-dessus de 87 000 dollars.
Cette remontée survient alors que les positions spéculatives contre le bitcoin étaient devenues très lourdes. Selon les données de Coinglass, les ventes à découvert sur le marché à terme avaient atteint fin mars leur niveau le plus élevé depuis dix-huit mois. Ce déséquilibre a créé un terrain propice à un rebond technique, amplifié par les nouvelles macroéconomiques. Les gestionnaires de fonds, pris de court, ont dû racheter leurs positions, alimentant la hausse. Ce phénomène de « short squeeze » a été visible sur plusieurs séances, avec des volumes échangés en nette progression sur les principales plateformes.
Pour les investisseurs ouest-africains, cette volatilité du bitcoin n'est pas sans conséquence. Alors que le naira et le franc CFA subissent des pressions inflationnistes, certains voient dans la cryptomonnaie une valeur refuge, mais son cours reste très instable. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces fluctuations en temps réel sur leurs interfaces, permettant aux utilisateurs de suivre l'évolution du marché avant d'effectuer un transfert. Mais attention : si le bitcoin a regagné du terrain, il reste loin de son record de janvier, et les analystes préviennent que la tendance pourrait s'inverser si les rendements obligataires repartaient à la hausse.
Au-delà de la cryptomonnaie, c'est tout l'équilibre des marchés financiers qui reste suspendu à la politique budgétaire américaine. Les prochaines annonces de rachats de la Fed et les chiffres de l'inflation seront scrutés de près. En attendant, le « debasement trade » semble avoir de beaux jours devant lui, du moins tant que les inquiétudes sur la dette domineront. Une chose est sûre : la corrélation entre le bitcoin et les craintes macroéconomiques n'a jamais été aussi forte, et les traders le savent.
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