Bio et Elumelu mobilisent le privé ouest-africain pour l'emploi des jeunes
Le président sierra-léonais Julius Maada Bio et l'homme d'affaires nigérian Tony Elumelu ont appelé le secteur privé régional à transformer le potentiel de l'Afrique de l'Ouest en investissements et en emplois pour la jeunesse.

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio et le banquier nigérian Tony Elumelu ont pris la parole devant un parterre d'hommes d'affaires à Freetown cette semaine. Le message était simple : l'Afrique de l'Ouest regorge de richesses inexploitées, mais sans capitaux privés audacieux, ces ressources resteront des promesses. Elumelu, patron du groupe United Bank for Africa et fondateur de la fondation qui porte son nom, a insisté sur un point : les jeunes de la région ne manquent ni d'idées ni d'énergie, ils manquent de financements et de marchés accessibles.
La rencontre intervient dans un contexte économique tendu pour la sous-région. Le Nigeria, première économie de la zone, voit sa monnaie s'affaiblir et son inflation grimper, ce qui pèse sur la confiance des investisseurs. Au Ghana, la restructuration de la dette a refroidi plusieurs projets. Pourtant, des opportunités existent dans l'agro-industrie, le numérique et l'énergie solaire décentralisée. Elumelu a rappelé que sa fondation a déjà injecté 100 millions de dollars dans des milliers de jeunes entrepreneurs africains depuis 2015, dont une part importante en Afrique de l'Ouest. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, alors que les besoins de financement des jeunes pousses locales augmentent.
Le président Bio a de son côté plaidé pour une meilleure intégration régionale. Il a cité les barrières douanières et les lourdeurs administratives qui freinent la circulation des biens et des capitaux entre Freetown, Abuja, Accra et Dakar. Selon lui, la CEDEAO doit passer d'un discours d'intégration à des actes concrets : harmonisation des règles d'investissement, reconnaissance mutuelle des diplômes, interconnexion des systèmes de paiement. Ces mesures, disent les opérateurs, réduiraient les coûts de transaction et rendraient les projets transfrontaliers plus bankables.
Les deux hommes n'ont pas annoncé de fonds nouveaux ni de mécanisme contraignant. Leur appel reste un signal politique, adressé autant aux gouvernements qu'aux grandes fortunes du continent. Reste à savoir si les capitaux privés suivront. La balle est dans le camp des banques, des fonds souverains et des entrepreneurs eux-mêmes, qui devront démontrer que l'Afrique de l'Ouest n'est pas seulement un marché de consommateurs, mais aussi un lieu où l'on produit et où l'on investit durablement.
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