Benue : Taraku Mills relance la production d'huile de soja après des années d'arrêt
La société Taraku Mills a reçu 300 tonnes de soja et démarre une production test d'huile dans l'État de Benue, offrant un débouché aux agriculteurs et des emplois après des années d'inactivité.

L'usine Taraku Mills, située dans l'État de Benue, a réceptionné 300 tonnes de graines de soja et lancé une production d'essai. C'est la première fois depuis sa réhabilitation par la Benue Investment and Property Company (BIPC) que l'unité tourne à nouveau. La livraison, annoncée cette semaine, marque le redémarrage effectif d'un site industriel resté longtemps à l'arrêt. Les responsables parlent d'une phase de test avant une montée en régime progressive. Pour les agriculteurs de la région, c'est un débouché qui se concrétise après des années d'incertitude sur l'écoulement de leurs récoltes.
Le soja est une culture stratégique dans le centre-nord du Nigeria. Benue, surnommé le grenier du pays, produit d'importantes quantités de graines, mais l'absence d'unités de transformation locales obligeait les producteurs à vendre brut, souvent à bas prix. Avec Taraku Mills, une partie de la valeur ajoutée pourrait rester sur place. La production d'huile de soja alimentaire et industrielle ouvre aussi un marché pour les sous-produits comme le tourteau, utilisé dans l'alimentation animale. Les premiers volumes restent modestes, mais le signal est fort pour toute la filière.
La relance de l'usine devrait créer des emplois directs et indirects. Le gouvernement local mise sur ce type d'investissement pour réduire la dépendance aux importations d'huile végétale et stabiliser les revenus agricoles. Reste à savoir si l'approvisionnement en soja sera suffisant pour faire tourner l'outil à pleine capacité. La concurrence des acheteurs étrangers et la volatilité des prix des intrants agricoles pourraient compliquer la donne. Les prochains mois diront si Taraku Mills tient ses promesses.
Pour l'instant, la remise en marche de Taraku Mills illustre une tendance de fond : la transformation locale gagne du terrain dans les États nigérians qui veulent capter plus de valeur sur leurs matières premières. Le soja de Benue ne partira plus entièrement brut vers les ports. Une partie sera pressée sur place, avec à la clé des emplois et des recettes fiscales pour l'État. Le défi sera de maintenir le rythme et d'éviter que l'usine ne retombe en sommeil, comme tant d'autres avant elle.
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