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Banques nigérianes : 92% des signalements de transactions suspectes

En 2025, les banques nigérianes ont émis 92% des signalements de transactions suspectes transmis à la NFIU, l'unité de renseignement financier du pays. Une concentration qui pose question sur la surveillance des autres acteurs financiers.

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Rédaction SendXOF

Publié le 24 août 2026

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Banques nigérianes : 92% des signalements de transactions suspectes

Les banques nigérianes dominent très largement les déclarations de transactions suspectes. Selon les données de la Nigerian Financial Intelligence Unit (NFIU), elles ont représenté 92 % des signalements reçus en 2025. Les 8 % restants proviennent des institutions de microfinance, des bureaux de change et des compagnies d'assurance. Ce chiffre, publié dans le rapport annuel de l'unité, confirme une tendance déjà observée depuis plusieurs années.

Cette concentration s'explique par la taille du secteur bancaire, qui capte l'essentiel des flux financiers du pays. Mais elle interroge aussi sur la capacité des autres acteurs à détecter les opérations douteuses. Les bureaux de change, très actifs au Nigeria, ne pèsent qu'une part infime des signalements, alors qu'ils manipulent des volumes importants en espèces, notamment aux abords des marchés de Lagos et de Kano. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les contrôles renforcés peuvent ralentir les circuits informels.

La NFIU, qui a transmis ces dossiers aux forces de l'ordre, souligne une amélioration de la qualité des rapports bancaires. Les établissements ont investi dans des outils de détection plus performants, avec des équipes dédiées à la conformité. En revanche, les petits opérateurs manquent souvent de moyens et de formation. Résultat : les fraudeurs se tournent vers ces canaux moins surveillés pour blanchir des fonds. Le régulateur a annoncé des contrôles renforcés sur ces structures dès le prochain trimestre.

Au-delà des chiffres, ce déséquilibre révèle un système de vigilance à deux vitesses. Les banques, sous pression des régulateurs internationaux, ont tout intérêt à signaler. Les autres acteurs, eux, restent en retrait. Si la NFIU veut réellement suivre l'argent sale, elle devra élargir son filet. Pas seulement en augmentant les amendes, mais en donnant aux petits opérateurs les outils pour jouer leur rôle. En attendant, les banques restent le principal rempart contre la criminalité financière, un rôle qu'elles assument avec un certain coût, répercuté sur leurs clients.

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