Nigeria : l'interdiction d'Uber et Bolt dans les aéroports fait flamber les prix des courses
L'interdiction des VTC comme Uber et Bolt dans les principaux aéroports nigérians provoque une pénurie de véhicules et une hausse des tarifs. Les passagers dénoncent des coûts exorbitants et des retards, tandis que les autorités justifient cette mesure par des raisons de sécurité et de régulation.

Les voyageurs qui transitent par les aéroports de Lagos, Abuja et Port Harcourt en font l'amère expérience : trouver un taxi est devenu un parcours du combattant. Depuis que les autorités aéroportuaires ont banni les applications de VTC comme Uber et Bolt des zones de départ et d'arrivée, les files de taxis conventionnels se sont allongées, et les prix se sont envolés. Une course qui coûtait 5 000 nairas en vaut désormais 15 000, quand ce n'est pas plus.
Cette décision, prise par la Federal Airports Authority of Nigeria (FAAN), vise officiellement à mettre de l'ordre dans un secteur jugé anarchique et à lutter contre les pratiques frauduleuses. Mais sur le terrain, elle a surtout créé un vide que les taxis traditionnels, moins nombreux et souvent vétustes, peinent à combler. Les passagers, eux, subissent des heures d'attente et des tarifs à la hausse, sans recours. Pour la diaspora ouest-africaine habituée à réserver son trajet via une application avant l'atterrissage, cette nouvelle donne complique sérieusement les déplacements.
Les opérateurs de VTC, de leur côté, dénoncent une mesure arbitraire qui pénalise les usagers et les chauffeurs. Ils appellent à une table ronde avec la FAAN pour trouver un compromis, mais aucune date n'a été annoncée. En attendant, les taxis officiels, agréés par les aéroports, profitent de la situation pour augmenter leurs tarifs. Certains passagers choisissent de marcher jusqu'à la sortie principale pour héler un taxi de ville, une option risquée dans des zones parfois peu sûres.
Cette crise de la mobilité survient alors que le pays s'efforce d'améliorer son image et d'attirer les investisseurs étrangers. Les autorités locales, elles, semblent sourdes aux plaintes des usagers. La FAAN promet une révision de la mesure dans les semaines à venir, mais sans calendrier précis. En attendant, les voyageurs doivent s'armer de patience et de liquidités, car les cartes bancaires ne sont pas acceptées par tous les chauffeurs. Une situation qui rappelle que la régulation, quand elle est mal pensée, peut coûter cher à l'économie réelle.
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