APM Terminals veut accélérer les projets maritimes verts au Nigeria
APM Terminals Nigeria appelle gouvernement, investisseurs et partenaires au développement à s'unir pour financer des infrastructures maritimes vertes, lors du sommet sur la décarbonation des infrastructures à Abuja.

Le président d'APM Terminals Nigeria, Frederik Klinke, a profité du deuxième sommet sur la décarbonation des infrastructures (DIN) à Abuja pour lancer un message clair : sans coopération renforcée entre l'État, les investisseurs privés, les acteurs du secteur et les bailleurs de fonds, les projets maritimes verts resteront dans les cartons. Il ne s'agit pas de bonne volonté affichée, mais de montage financier solide. Klinke insiste sur un point : les infrastructures portuaires et maritimes doivent devenir « bancables », c'est-à-dire capables d'attirer des capitaux sur le long terme. Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, traîne une réputation de pays où les projets d'infrastructure mettent des années à voir le jour, faute de garanties et de cadre réglementaire stable.
Le contexte donne du poids à cet appel. Les ports nigérians, Lagos en tête, restent parmi les plus congestionnés et les plus coûteux d'Afrique de l'Ouest. Moderniser les terminaux, électrifier les grues, passer au carburant propre ou installer des panneaux solaires sur les entrepôts coûte cher. Les opérateurs privés, dont APM Terminals, disent vouloir investir, mais réclament des règles du jeu claires et des incitations fiscales. Le gouvernement nigérian, de son côté, cherche à verdir son image avant les échéances internationales sur le climat, tout en attirant des devises étrangères. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un port plus efficace réduit les frais d'importation et fluidifie les chaînes d'approvisionnement.
Sur le terrain, les besoins sont concrets. Le port de Lekki, inauguré en 2023, a été présenté comme le terminal le plus moderne du pays, mais son alimentation électrique reste largement dépendante du réseau national, encore instable. À Apapa et Tin Can, les camions font la queue pendant des heures, brûlant du diesel. Chaque jour de retard coûte des millions de nairas aux importateurs. Les projets « verts » ne sont donc pas un luxe écologique, mais une nécessité économique. Klinke plaide pour des partenariats public-privé où l'État apporte des garanties et les banques de développement prennent une partie du risque. Sans cela, les taux d'intérêt nigérians, autour de 25 %, rendent tout financement prohibitif.
Le sommet d'Abuja a réuni des banques, des assureurs et des représentants du gouvernement. Les discussions ont porté sur les obligations vertes, les fonds climat et les mécanismes de garantie partielle. Rien de nouveau sur le papier, mais l'urgence monte. Le Nigeria veut doubler sa capacité portuaire d'ici 2030. Pour y parvenir, il faudra bien plus que des discours : des contrats signés, des taux fixés et des chantiers lancés. APM Terminals, qui gère des terminaux à Lagos et Onne, joue gros. Si les projets verts ne décollent pas, le pays risque de rater le virage logistique africain, au profit de ports plus agiles comme Tanger Med ou Durban.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Pétrole : plus d'un milliard de barils sortis des stocks, le matelas de sécurité mondial se dégonfle
Le marché pétrolier a puisé plus d'un milliard de barils dans les inventaires commerciaux pour amortir la crise au Moyen-Orient. Ce coussin de sécurité fond, et le monde devient plus vulnérable à la moindre nouvelle secousse.

Le Nigeria met 40 blocs pétroliers sur le marché alors que sa production atteint 1,82 million de barils par jour
La commission de régulation du pétrole amont ouvre un nouveau cycle d'attribution de licences en 2026. Le pays capte déjà 38 % des investissements amont du continent, selon ses propres chiffres.

Le NESG presse les États nigérians de prendre la main sur la croissance économique
À l'approche du 32e sommet économique nigérian, le NESG appelle les gouvernements des États à exploiter leurs atouts propres, à améliorer le climat des affaires et à créer des emplois.