APM Terminals réclame des ports verts prêts à investir au Nigeria
APM Terminals, premier opérateur de terminaux du Nigeria, presse Abuja d'accélérer les projets d'infrastructures portuaires vertes, jugeant le rythme actuel trop lent pour attirer les capitaux.

APM Terminals ne mâche pas ses mots. Le premier opérateur de terminaux du Nigeria a publiquement demandé au gouvernement fédéral d'accélérer la cadence sur les projets d'infrastructures portuaires vertes. Selon lui, trop de dossiers restent bloqués au stade d'étude alors que les investisseurs attendent des projets bancables, chiffrés, avec un calendrier clair. Le message est simple : sans pipeline concret, les capitaux iront voir ailleurs. Le Nigeria, qui veut verdir ses ports, risque de rater le coche face à des concurrents africains plus rapides à dégainer.
Le pays a lancé plusieurs programmes pour réduire l'empreinte carbone de ses installations portuaires, notamment à Lagos et Onne. Mais entre les lenteurs administratives, les changements de priorités budgétaires et la valse des responsables, les chantiers prennent du retard. APM Terminals, qui gère les terminaux d'Apapa et de Tin Can, dit avoir besoin de visibilité pour engager ses propres fonds. L'opérateur danois a déjà investi massivement dans la modernisation de ses installations nigérianes, mais il prévient que la prochaine étape — électrification des quais, grues hybrides, énergie solaire — dépend d'un cadre réglementaire stable et incitatif.
Le Nigeria n'est pas le seul à vouloir des ports verts. Le Maroc, l'Égypte et l'Afrique du Sud avancent sur le sujet, avec des financements multilatéraux à la clé. Pour Lagos, l'enjeu dépasse la simple image : des ports plus sobres en carbone réduisent les coûts logistiques, attirent les armateurs soumis à des normes de plus en plus strictes et rassurent les importateurs. Les entreprises qui dépendent des chaînes d'approvisionnement mondiales surveillent ces critères de près. Un port qui traîne sur sa transition verte risque de perdre des volumes au profit de hubs mieux alignés sur les exigences climatiques.
APM Terminals ne demande pas la lune. Il veut des appels d'offres clairs, des garanties sur les tarifs et un calendrier réaliste. Le gouvernement nigérian, lui, doit arbitrer entre urgences sociales et investissements structurants. Mais chaque mois perdu, c'est un investisseur qui regarde ailleurs. Et dans un pays qui cherche à diversifier ses revenus hors pétrole, la logistique portuaire reste un levier trop précieux pour être négligé.
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