APM Terminals presse le Nigeria d'accélérer sur les infrastructures maritimes vertes
L'opérateur portuaire APM Terminals Nigeria réclame une coalition entre État, industrie et investisseurs pour financer des projets d'infrastructures maritimes vertes bancables et transformer les ports nigérians.

APM Terminals Nigeria a haussé le ton cette semaine. Le géant de la manutention portuaire, présent à Apapa et Onne, demande au gouvernement nigérian, aux industriels, aux investisseurs et aux bailleurs de fonds de s'asseoir à la même table pour accélérer les projets d'infrastructures maritimes vertes. Le message est clair : sans coordination, les ports nigérians resteront à la traîne face à la concurrence régionale. Le directeur général de la filiale nigériane, Frederik Klinke, a répété que le pays a besoin de projets bancables, pas de déclarations d'intention.
Le contexte pousse à l'urgence. Le Nigeria veut capter une part plus large du trafic ouest-africain, mais ses terminaux vieillissent et ses grues consomment trop de diesel. Les armateurs, eux, durcissent leurs exigences environnementales. Maersk, maison mère d'APM Terminals, s'est engagé sur des objectifs de neutralité carbone à horizon 2040. Résultat : les ports qui n'offrent pas d'infrastructures d'accueil pour les navires verts risquent de voir les grandes lignes maritimes se détourner. L'électrification des quais, l'alimentation à quai des navires et les équipements de levage hybrides deviennent des arguments commerciaux, pas des options.
Le nœud reste le financement. Les projets dits bancables — ceux qui génèrent des revenus suffisants pour rembourser la dette — se comptent sur les doigts d'une main dans la zone. Les banques nigériannes prêtent cher, autour de 25 % pour les entreprises, ce qui décourage les investissements longs. APM Terminals plaide donc pour des garanties publiques et des partenariats mixtes. Sur le volet monétaire, les opérateurs de change suivent de près ces dossiers : chaque contrat d'infrastructure signé en dollars ou en euros pèse sur la demande de devises et, par ricochet, sur le taux Naira-FCFA que les plateformes de transfert affichent au quotidien.
La balle est dans le camp d'Abuja. Le ministère des Transports maritimes a promis un cadre incitatif pour les terminaux verts, mais aucun calendrier n'a filtré. En attendant, les concurrents ne dorment pas : Tanger Med au Maroc et Lomé au Togo investissent déjà dans l'électrification des quais. Si le Nigeria tarde, il ne perdra pas seulement des conteneurs. Il perdra la bataille de l'image auprès des armateurs, qui choisissent désormais leurs escales autant pour leur bilan carbone que pour leurs tarifs.
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