Angola : la facture des subventions aux carburants pourrait doubler à 4,16 milliards de dollars
Luanda avait budgété environ 2 milliards de dollars pour 2026. La hausse des prix du pétrole et un ajustement partiel des tarifs à la pompe font exploser la note, selon un haut responsable du ministère des Finances.

L'Angola pourrait débourser jusqu'à 4,16 milliards de dollars en subventions aux carburants en 2026, soit près du double des prévisions initiales. Un haut responsable du ministère des Finances a confirmé ce chiffre, qui illustre l'ampleur du dérapage budgétaire dans un pays où le carburant reste vendu bien en dessous de son coût réel d'importation. Luanda avait inscrit environ 2 milliards de dollars dans son budget. La réalité des prix mondiaux du pétrole et la lenteur de la réforme des tarifs à la pompe ont fait le reste.
Le mécanisme est simple : l'État achète les produits raffinés au prix international et les revend sur le marché local à un tarif administré. Chaque baril importé creuse le trou. En 2025, les autorités avaient déjà tenté de réduire la voilure en relevant progressivement certains prix, mais la mesure reste politiquement sensible. Une hausse trop brutale du gazole ou de l'essence frappe directement les transporteurs et les ménages, dans un pays où l'inflation ronge déjà le pouvoir d'achat. Le Fonds monétaire international pousse depuis des années Luanda à supprimer ces subventions, jugées coûteuses et mal ciblées.
Cette enveloppe de 4 milliards de dollars représente une part considérable des recettes fiscales pétrolières du pays. Elle absorbe des ressources qui pourraient financer les infrastructures ou la diversification de l'économie. Le paradoxe est cruel : l'Angola est le deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, mais sa raffinerie locale ne couvre qu'une fraction de la demande. Le pays importe donc du carburant raffiné à prix fort, puis le revend à perte. La raffinerie de Cabinda, encore en construction, ne changera pas la donne avant plusieurs années.
Pour les opérateurs économiques de la région, ce dérapage budgétaire pèse sur les finances publiques angolaises et, par ricochet, sur la stabilité du kwanza. Les entreprises qui commercent avec Luanda surveillent de près l'évolution des tarifs administrés, car toute réforme brutale des subventions se répercute immédiatement sur les coûts logistiques. La question reste ouverte : le gouvernement osera-t-il un ajustement franc en 2026, ou continuera-t-il à repousser l'échéance en laissant filer la facture ?
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