Ajaokuta : le réveil de l'acier nigérian bute sur l'électricité et le minerai
Le projet de relance de la sidérurgie à Ajaokuta se heurte à des obstacles structurels : approvisionnement électrique insuffisant et matières premières locales indisponibles. Les experts réclament une politique intégrée pour attirer les investisseurs privés.

Le gouvernement nigérian veut ressusciter Ajaokuta, ce complexe sidérurgique géant du Kogi, abandonné depuis des décennies. Mais sur le terrain, deux verrous bloquent la relance : l'électricité et le minerai de fer. Les hauts fourneaux exigent une alimentation stable que le réseau national est incapable de fournir. Quant au minerai, il manque de qualité et de volume. Résultat : les industriels hésitent à injecter des milliards de nairas dans un projet qui pourrait rester à l'arrêt.
Le Nigeria importe aujourd'hui pour 4 milliards de dollars d'acier chaque année. Un comble pour un pays qui possède du fer, du charbon et une main-d'œuvre jeune. Les experts réunis à Abuja la semaine dernière ont martelé que sans une politique sidérurgique intégrée — qui lie exploitation minière, production d'énergie et transformation —, les investisseurs privés resteront sur la touche. Le gouvernement promet des réformes, mais les opérateurs attendent des actes concrets, notamment sur le tarif électrique industriel.
La question du financement reste entière. Les banques nigériennes prêtent peu au secteur manufacturier, jugé trop risqué. Les partenaires étrangers, eux, demandent des garanties sur l'approvisionnement en minerai. Or, les mines de fer d'Itakpe, censées alimenter Ajaokuta, tournent au ralenti depuis des années. Un responsable du ministère de l'Acier a reconnu que la production actuelle ne couvre même pas 20 % des besoins du complexe. Pour les industriels, la relance prendra au moins cinq ans si les infrastructures suivent.
Sur le plan macroéconomique, l'enjeu dépasse Ajaokuta. Réduire la facture d'importation d'acier soulagerait la balance commerciale et le naira, déjà sous pression. Mais tant que l'électricité reste un luxe pour les usines, le Nigeria continuera d'importer ce qu'il pourrait produire. Les experts appellent à un cadre fiscal stable et à des contrats d'achat d'électricité garantis. Sans cela, Ajaokuta restera un symbole industriel inachevé, et les 4 milliards de dollars continueront de sortir chaque année.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Oyo approuve un prêt de 100 milliards de nairas pour ses chantiers
L'Assemblée de l'État d'Oyo a autorisé le gouverneur Seyi Makinde à emprunter 100 milliards de nairas auprès d'UBA pour achever des projets d'infrastructure en cours.

Nigeria : 4 920 milliards de nairas circulent hors des banques en septembre
La Banque centrale du Nigeria révèle que 4 920 milliards de nairas échappent au système bancaire en septembre, un record qui complique sa lutte contre l'inflation et fragilise la politique monétaire.

Guinness Nigeria dégage 40,69 milliards de nairas de bénéfice et verse un dividende intérimaire de 7 nairas
Le brasseur Guinness Nigeria a publié un bénéfice net de 40,69 milliards de nairas sur neuf mois, contre une perte l'an dernier, et annonce un dividende intérimaire de 7 nairas par action.