Afrique : croissance, dettes et investissements sous tension
Les marchés africains subissent des pressions croissantes entre chocs externes, tensions budgétaires et ambitions d'investissement. L'Afrique du Sud enregistre une contraction, tandis que d'autres économies cherchent des marges de manœuvre.

Les marchés africains entament cette semaine sous tension. L'Afrique du Sud, première économie du continent, a enregistré une contraction de son PIB au deuxième trimestre, plombée par des coupures d'électricité record et une demande intérieure atone. Ce recul de 0,3 % surprend les analystes qui tablaient sur une stabilisation. Il complique la tâche du gouvernement Ramaphosa, déjà confronté à un chômage à 32,6 % et à une dette publique qui frôle 74 % du PIB.
Dans le même temps, plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et de l'Est négocient de nouveaux programmes avec le FMI pour faire face à des échéances de dette importantes. Le Nigeria, lui, voit sa monnaie se déprécier sur le marché parallèle, où le naira s'échange autour de 1 460 pour un dollar, contre 1 351 sur le marché officiel. Cet écart de 8 % reflète la persistance de la demande de devises face à une offre limitée. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, qui deviennent plus lourds en nairas pour les bénéficiaires.
Parallèlement, des signaux positifs émergent. Le Kenya a annoncé un investissement de 3,6 milliards de dollars dans les infrastructures ferroviaires avec le soutien de la Chine, tandis que l'Éthiopie a ouvert son secteur énergétique aux investisseurs privés pour la première fois. Ces projets témoignent d'une volonté de relancer la croissance, mais ils butent sur des coûts de financement élevés : les taux d'emprunt souverains en Afrique subsaharienne restent supérieurs à 10 % en moyenne.
La pression monétaire reste le fil rouge du continent. Entre un rand sud-africain affaibli par la contraction, un naira sous pression et un shilling kényan stable mais fragile, les banques centrales naviguent à vue. Elles doivent concilier soutien à l'activité et défense de leurs devises. Les prochains mois diront si cette équation tient, alors que les échéances de dette se resserrent et que les investisseurs étrangers se montrent plus sélectifs.
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