Afrique : comment accélérer la dynamique du commerce intra-africain
Le commerce intra-africain progresse, mais reste sous-exploité. Un rapport d'Afreximbank souligne le potentiel de transformation des chaînes de valeur régionales et appelle à des actions concrètes pour stimuler les échanges.

Le commerce entre pays africains ne représente encore qu'une part modeste des échanges totaux du continent. Pourtant, les opportunités sont immenses, notamment dans la transformation des matières premières. Le rapport « Africa in Figures 2025 » d'Afreximbank met en avant des progrès réels, mais aussi des blocages persistants : barrières tarifaires, lourdeurs administratives, infrastructures défaillantes. Les dirigeants répètent depuis des décennies qu'il faut intensifier ces flux, mais les résultats peinent à suivre.
Prenons l'exemple du cacao : la Côte d'Ivoire et le Ghana produisent plus de 60 % de l'offre mondiale, mais une grande partie est exportée brute vers l'Europe ou l'Asie. Transformer sur place, dans des usines régionales, créerait des emplois et capterait une valeur ajoutée aujourd'hui perdue. Le même constat vaut pour le pétrole, le coton ou les minerais. Industrialiser les filières locales est un levier que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) cherche à activer, mais sa mise en œuvre avance lentement.
Pour les opérateurs économiques ouest-africains, cette dynamique a des implications concrètes sur les échanges. Une entreprise qui vend du textile au Nigeria ou achète du riz au Bénin doit composer avec des devises différentes et des frais de change souvent opaques. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui simplifie les transactions transfrontalières. Mais au-delà de l'outil, c'est la fluidité des paiements qui conditionne la croissance du commerce régional.
Le rapport d'Afreximbank insiste sur un point : sans volonté politique forte, les bonnes intentions resteront lettre morte. Harmoniser les normes, réduire les contrôles aux frontières, investir dans les corridors logistiques : autant de chantiers qui demandent du temps et des moyens. L'Afrique a les ressources pour y parvenir, mais elle doit transformer ses atouts en avantages compétitifs. La balle est dans le camp des gouvernements et des institutions régionales.
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