Afrique-Caraïbes : le commerce pourrait atteindre 1,65 milliard $ par an d'ici 2030
Un rapport de l'ITC et d'Afreximbank estime que les échanges de biens et services entre l'Afrique et les Caraïbes pourraient atteindre 1,65 milliard de dollars par an d'ici 2030, hors carburants minéraux.

L'Afrique et les Caraïbes commercent encore peu. Mais un rapport de l'International Trade Centre (ITC) et d'Afreximbank, publié le 3 novembre, chiffre le potentiel : 1,65 milliard de dollars par an d'ici 2030 pour les biens et services, en excluant les carburants minéraux. Aujourd'hui, les échanges formels entre les deux régions restent marginaux, plombés par l'éloignement géographique, le manque de liaisons directes et des barrières tarifaires héritées. Le document, intitulé « Reshaping Africa-Caribbean Trade: Opportunities for Economic Transformation », identifie plusieurs pistes concrètes : agroalimentaire, produits manufacturés, services numériques et tourisme. Les auteurs insistent sur un point : sans logistique adaptée et sans financement du commerce, le potentiel restera théorique.
Les chiffres avancés par l'ITC et Afreximbank ne sont pas de simples projections optimistes. Ils s'appuient sur une analyse des flux existants et des capacités de production des deux zones. L'Afrique exporte déjà vers les Caraïbes des engrais, des produits pétroliers raffinés et quelques denrées agricoles. En retour, les Caraïbes livrent des produits chimiques et des services. Mais l'essentiel du commerce passe par des intermédiaires européens ou nord-américains, ce qui gonfle les coûts et rallonge les délais. Le rapport recommande de développer des corridors directs, notamment maritimes, et de mutualiser les infrastructures portuaires.
Pour les opérateurs, l'enjeu dépasse la simple hausse des volumes. Il s'agit de capter de la valeur ajoutée localement. Le texte souligne que les femmes et les petites entreprises sont sous-représentées dans ces échanges et préconise des programmes de financement dédiés. Sur le plan monétaire, les transactions entre les deux régions restent majoritairement libellées en dollars ou en euros, ce qui expose les commerçants aux variations de change. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent d'ailleurs ces taux en temps réel pour les transferts entre l'Afrique de l'Ouest et le reste du monde, un maillon que les institutions citent comme levier pour réduire les coûts de transaction.
La balle est désormais dans le camp des États et des banques de développement. Afreximbank a déjà annoncé son intention de soutenir des projets d'infrastructures commerciales dans les Caraïbes, mais aucun calendrier précis n'a filtré. Le rapport sera présenté lors du prochain sommet Afrique-Caraïbes, prévu en 2025. D'ici là, les entreprises qui se positionnent sur ces marchés devront composer avec l'incertitude logistique et financière. Le potentiel de 1,65 milliard de dollars reste une cible crédible, à condition que les deux régions passent des déclarations aux actes.
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