Afrique : la croissance tient bon, mais les investisseurs restent prudents
L'activité économique s'est renforcée en juillet dans plusieurs grands pays africains, selon les derniers indices PMI. Pourtant, les investisseurs demeurent mesurés, guettant les signaux monétaires et les risques politiques.

L'économie africaine montre des signes de résistance. En juillet, l'indice PMI composite de la zone a progressé pour le troisième mois consécutif, porté par une demande intérieure robuste au Nigeria et au Kenya. Les commandes nouvelles ont augmenté, et les entreprises ont recommencé à embaucher, notamment dans les services. Une reprise qui contraste avec la morosité de l'an dernier, quand la hausse des taux d'intérêt et l'inflation avaient freiné l'activité.
Mais les investisseurs ne sautent pas encore le pas. Les flux de capitaux vers les marchés émergents africains restent timides, selon les données de l'IIF. Les raisons ? L'incertitude politique dans certains pays, comme le Sénégal ou le Ghana, et la lenteur des réformes économiques. Surtout, les banques centrales africaines ne baissent pas leurs taux aussi vite que prévu. La Banque centrale du Nigeria a maintenu son taux directeur à 26,75 % en juillet, malgré une inflation en repli. Pour la diaspora ouest-africaine, cette prudence monétaire a un effet direct : les rendements des placements locaux restent élevés, mais le coût des transferts de fonds peut varier avec les taux de change.
Les matières premières offrent un répit. Le pétrole reste au-dessus de 80 dollars le baril, ce qui soutient les recettes du Nigeria et de l'Angola. Le cuivre et l'or ont aussi profité de la demande chinoise. Mais ces prix volatils ne suffisent pas à rassurer les investisseurs de long terme, qui attendent des politiques budgétaires plus claires. La dette publique africaine atteint en moyenne 65 % du PIB, et les besoins de financement restent énormes.
Au final, l'Afrique tient le cap, mais sur un fil. La reprise est réelle, mais fragile, portée par la consommation intérieure et les matières premières. Les investisseurs, eux, restent en mode observation. Ils attendent des signaux plus forts : baisses de taux décisives, réformes structurelles, ou une amélioration durable de la sécurité. En attendant, les flux resteront sélectifs, et les pays qui sauront offrir de la stabilité politique et monétaire capteront l'essentiel des capitaux.
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