Adire : des experts appellent à plus d'investissements pour rivaliser à l'international
Des acteurs de l'industrie textile nigériane exhortent gouvernements et investisseurs privés à injecter davantage de capitaux dans la filière adire pour doper les exportations.

Les professionnels du textile traditionnel nigérian tirent la sonnette d'alarme. Lors d'une rencontre sectorielle à Lagos, plusieurs experts ont estimé que l'adire, ce tissu teint à la main emblématique du pays, reste sous-financée par rapport à ses concurrents asiatiques. Résultat : les exportations stagnent alors que la demande mondiale pour les textiles artisanaux explose.
Selon Funmi Ogunlade, designer basée à Ibadan, le manque de capitaux freine l'industrialisation de la filière. « Nous produisons encore à petite échelle, avec des équipements vétustes. Pendant ce temps, les Indiens et les Chinois inondent le marché avec des imitations à bas coût », déplore-t-elle. Les experts réclament des lignes de crédit à taux préférentiel et des zones franches dédiées à l'artisanat textile.
Le gouvernement de l'État d'Ogun a déjà annoncé un partenariat avec une coopérative locale pour former 500 jeunes teinturiers. Mais pour les professionnels, cela reste insuffisant. Ils estiment qu'il faudrait au moins 50 millions de dollars d'investissements sur cinq ans pour moderniser la production et lancer une marque « Adire du Nigeria » sur les marchés internationaux.
L'enjeu dépasse le simple secteur textile. L'adire emploie des milliers de femmes dans le sud-ouest du Nigeria et représente un patrimoine culturel majeur. Sans un vrai plan d'investissement, le pays risque de voir ce savoir-faire unique lui échapper, au profit de copies industrielles étrangères.
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