Abdul Samad Rabiu appelle le Nigeria à produire localement plutôt qu'importer
Le fondateur de BUA Group exhorte le Nigeria à réduire sa dépendance aux produits finis importés en développant la fabrication domestique et en renforçant les chaînes de valeur locales.

Abdul Samad Rabiu ne mâche pas ses mots. Lundi, le fondateur de BUA Group a lancé un appel direct aux autorités nigérianes : le pays doit cesser de compter sur les importations de produits finis et miser sur sa capacité industrielle. Selon lui, la dépendance aux biens manufacturés étrangers fragilise l'économie nationale et expose le pays aux chocs extérieurs. Son groupe, actif dans le ciment, le sucre et les aliments, illustre pourtant la voie inverse : BUA a bâti un empire industriel en transformant localement des matières premières, du calcaire à la canne à sucre. Rabiu plaide pour que d'autres secteurs suivent ce modèle, en particulier dans l'agroalimentaire et la chimie.
Le Nigeria importe encore massivement des produits finis, des machines aux denrées transformées. Cette dépendance pèse sur les réserves de change et expose le naira à la volatilité des marchés internationaux. Pour Rabiu, chaque usine qui s'implante localement réduit la facture des importations et crée des emplois. Il cite l'exemple du sucre : BUA produit aujourd'hui une part significative du sucre consommé au Nigeria, là où le pays importait presque tout il y a vingt ans. Un basculement qui a nécessité des investissements lourds, mais qui a fini par payer.
La question du change reste au cœur de l'équation. Chaque produit importé se paie en devises, et avec un naira sous pression, la facture grimpe. Les industriels qui produisent localement s'affranchissent en partie de ce risque. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : moins d'importations signifie moins de demande de devises, ce qui peut stabiliser à terme le taux de change. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, mais la solution de fond reste la production locale.
Reste à savoir si l'appel de Rabiu trouvera un écho politique. Le gouvernement nigérian affiche depuis plusieurs années une volonté de soutenir l'industrie locale, mais les obstacles persistent : coût de l'énergie, accès au crédit, infrastructures logistiques. BUA Group a les moyens de financer ses propres usines, ce qui n'est pas le cas de toutes les PME. Pour que le pays réduise vraiment sa dépendance aux importations, il faudra que l'ensemble de l'écosystème industriel suive. Rabiu pose la première pierre ; la suite dépendra des décisions publiques et de la capacité des entrepreneurs à saisir les opportunités.
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